Planter les tomates couchées : minimiser les arrosages !

240

Cela permet d’économiser beaucoup d’eau, et… du temps en arrosant beaucoup moins souvent !
Cet été 2020, j’ai testé cette méthode (voir en bas encart vert) pour la 1ère fois.

Lorsqu’une amie m’en a parlé, j’avais déjà planté « normalement » 9 pieds de tomates, que j’ai arrosés en moyenne tous les 4-5 jours, et pendant les périodes de canicule ou de grand mistral tous les 2-3 jours. Naturellement pour arroser déjà « aussi peu », ils sont bien paillés.
Le paillage se tasse, mais j’essaie de faire en sorte qu’il y ait toujours plus de 10 cm. Quand c’est nécessaire, je rajoute du crottin de cheval, ou de la tonte d’herbe, jusqu’à 20cm au-dessus du sol.
Il est aussi possible de pailler avec… de la paille, pour ceux qui en douteraient, le verbe vient de là ;-). Dans ce cas, il est préférable de l’étaler et de passer la tondeuse dessus, pour la briser un peu. Elle sera plus facile à répartir, et ne risquera pas de faire « toit de chaume » lorsque vous arrosez.
Le 23 juin, j’ai planté 6 pieds de tomates cerises, en appliquant la méthode décrite plus bas. Je les ai arrosés une fois vers le 20 juillet et une fois le 9 aout ! ! 2 plants sont en plein soleil de 8h30 à 16h environ, 4 sont à mi-ombre sous des acacias. Ils sont bien paillés, comme décrit ci-dessus.

Zoom le 15 aout, 1ères tomates mûres, sur le plant que vous avez tout en haut le 9 aout. C’est un des 2 situés en plein soleil. Le carton me sert de « sur-paillage » anti-merles ! Si non ils viennent tout gratter grrrr
15 aout, un des 4 plants mis sous des acacias. Ils sont plus petits que les 2 autres. Celui ci est penché depuis le grand vent. (Ils se sont tous redressés dans la semaine qui a suivi leur plantation. )

Enterrez les aux deux tiers, légèrement couchées :

Ne coupez surtout pas les feuilles. Elles créerons des racines à partir de toutes les parties enterrées. Cela leur permettra de profiter beaucoup plus de toutes les ressources du sol, en eau, mais aussi en nutriments !
Pour des plants de 30cm, faire une tranchée de 15cm, mettre au fond une poignée d’ortie, bien arroser le fond du trou, et y enterrer le plant sur 20cm. Il est donc légèrement couché.
Bien arroser
en surface, comme lorsque vous plantez habituellement.
Mettre un PAILLAGE de 20cm sur toute la tranchée de plantation, en dégageant un peu le tour du pied. Quelques jours après, vous pourrez pailler aussi le tour du pied qui aura bien grandi. Le paillage est aussi important que la plantation, n’hésitez pas à l’ajouter sur vos plants déjà en place.

Les racines vont se développer et aller chercher l’eau en profondeur. Avant même qu’elles ne descendent plus bas en terre, les racines les plus profondes sont déjà à 15+20 soit 35cm des rayons du soleil. Donc à une profondeur qui mettra de longs jours à sécher, même s’il ne pleut pas du tout.

Ne plus arroser, soit jusqu’au 1er signe de manque d’eau, soit comme moi jusqu’à ce que vous ne « craquiez »… Ce qui m’est arrivé 4 semaines après la plantation, car tout de même juillet 2020 a été très très sec ! J’avais déjà failli arroser avant un petit orage que l’on a eu en juillet… Dur dur de perdre certaines habitudes…

Dans notre région fort chaude, sèche et ventée, il est probablement préférable, si l’on veut une bonne production, d’arroser une fois par semaine. Là, ces plants m’ont servi de test, car il est parait-il possible de ne pas arroser du tout. Naturellement cela sera difficile au sud de la France les étés caniculaires….
Ici, en basse vallée du Rhône, nous avons en prime des périodes de grand vent : le mistral assèche autant que le cagnard…
Pour autant, après presque 2 mois de plantation, je viens de tester que l’on peut se dispenser quasi complètement de la corvée d’arrosage 🙂

Un grand merci à Myriam de m’avoir fait découvrir ça ! En Drôme à 450m d’altitude (plus haut et plus frais qu’ici), lors de l’été caniculaire de 2019, elle n’a arrosé que 3 fois…

A noter : ce sont des graines que j’ai gardées de l’an dernier, de pieds que j’avais déjà peu arrosés, comme décrit sur les 9 premiers plantés cette année. Et idem les 2 années précédentes.
En très peu de « générations », pour les tomates, il est possible d’avoir des graines très adaptées à son terrain et à un arrosage minimaliste.


Les plants à l’ombre sont plus gringalets ! Mais je compte sur eux pour l’automne, quand le soleil, plus bas sur l’horizon, passera plus sous les arbres. Pour autant, ce 15 aout, il y a aussi des tomates mûres : ces acacias ne forment pas une couverture dense mais clairsemée. Couverture quasi idéale pour la plupart des légumes, vu le réchauffement climatique…